Paul-Jacques Bonzon

romancier pour la jeunesse désormais en librairie

La notoriété d’un écrivain se mesure souvent à une implantation durable de son nom et de son œuvre dans la mémoire collective au fil du temps qui passe. C’est sans doute encore plus vrai pour les lectures de l’enfance.

L’évocation du nom de Paul-Jacques Bonzon renvoie inéluctablement à la littérature pour la jeunesse, mais sans que l’interlocuteur parvienne toujours bien à en situer l’époque, hormis, bien entendu, chez les lecteurs les plus assidus des années quatre-vingts. Pour eux, pas de confusion possible  : le nom de Paul-Jacques Bonzon est immédiatement associé à la série Les Six compagnons. Le succès rencontré alors auprès des jeunes lecteurs se traduit par un tirage à la hauteur de l’intérêt que suscite cette littérature. C’est par millions d’exemplaires que peuvent se compter les tirages. Il s’agit assurément d’une œuvre considérable.

Un tel succès mérite considération. D’autant que ce succès d’édition constitue un vrai paradoxe avec la relative discrétion dans laquelle se trouve aujourd’hui confinée cette imposante production. Situation que vient renforcer un autre paradoxe qui concerne non seulement le romancier mais aussi l’ensemble des écrivains pour la jeunesse de cette période. La littérature pour la jeunesse d’alors ne semble susciter, aujourd’hui, que peu d’intérêt. L’analyse des sources bibliographiques ne fait apparaître qu’un nombre restreint de mentions. Les études universitaires sont peu nombreuses. Une littérature qui, en quelque sorte, est délaissée, voire oubliée, comme mise au « purgatoire », selon l'expression d'une universitaire , spécialiste de la littérature pour la jeunesse.

Cependant, et c’est encore un autre paradoxe, ce ne sont pas les hommages qui ont manqué à Paul-Jacques Bonzon. Chaque sortie d’ouvrage est l’occasion de manifestations médiatisées, bien relayées par les points de distribution, les librairies, et la presse en général. Une notoriété acquise de son vivant qui se confirme largement après sa disparition. Tous ces hommages, au demeurant amplement mérités et justifiés, ne font souvent que reprendre les louanges déjà largement répandues, très fortement marquées par l’émotion, voire de la nostalgie, de ceux qui l’ont connu, des amis, des proches. Mais les éloges, aussi pertinents et émouvants soient-ils, ne sauraient constituer un appareil d’étude suffisamment fiable.

En cette année 2008, commémorative du centenaire de sa naissance, Paul-Jacques Bonzon, romancier pour la jeunesse parmi les plus représentatifs de son époque, mérite un hommage plus solide et plus durable. Son œuvre mérite bien une étude approfondie d’autant qu’elle vient à point nommé pour éclairer une période mal connue de l’édition pour la jeunesse. Paul-Jacques Bonzon, il faut bien le reconnaître, appartient désormais à l’histoire de la littérature pour la jeunesse. Il y tient une place essentielle. Il est de ces instituteurs d’après-guerre qui écrivent pour les jeunes qui sont aussi leurs élèves. Instituteur, hussard de la République, il est formé pour instruire le peuple. Il est de ces écrivains issus du monde des enseignants qui considère que la lecture instruit, ouvre au monde et aux autres. Paul-Jacques Bonzon se situe assurément dans la lignée des grands écrivains pédagogues.

Appartenant donc à l’histoire de la littérature pour la jeunesse, l’œuvre du romancier relève du patrimoine culturel français et se doit d’être analysée comme telle. Il fallait une étude; il fallait une recherche; il fallait un livre. Paul-Jacques Bonzon, l’instituteur, le pédagogue, l’écrivain, devient le pivot autour duquel s’organise la conception de cet ouvrage. Etude, plutôt que biographie, l’approche, mobilisant les instruments de la recherche, permet, au travers des nombreuses références, d’appréhender la vie quotidienne dans les institutions de formation des instituteurs dans les années 1925 ainsi que les conditions de vie dans les établissements de soins et de traitement des maladies pulmonaires qui sont, il faut le reconnaître, de véritables pépinières de talents. Les recherches entreprises permettent aussi de mieux connaître les conditions de l’édition au cours de cette première partie de la seconde moitié du vingtième siècle. Enfin, le travail s’est évertué, au-delà des titres emblématiques toujours avancés, à présenter une analyse complète et analytique de l’ensemble de l’œuvre de l’écrivain en se focalisant plus particulièrement sur les aspects davantage en relation avec ses départements d’origine et d’adoption que sont respectivement la Manche et la Drôme.

L’hommage ainsi rendu à l’instituteur et à l’écrivain, qui ne manquera pas de rappeler les souvenirs et les enchantements des lectures d’enfance et d’adolescence. Cet ouvrage vient à point nommé pour éclairer une période particulièrement riche de l’histoire de la littérature pour la jeunesse.

(Extrait de l'ouvrage " De la Manche à la Drôme, itinéraire de l'écrivain Paul-Jacques Bonzon, romancier pour la jeunesse", Eurocibles, Marigny (Manche), 2008, protégé par le droit d'auteur. Reproduction, totale ou partielle, interdite sans le consentement de l'auteur et de la maison d’édition).

 

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